Martyrs  (Critiques de films) posté le mercredi 01 juillet 2009 19:45

POST AVEC SPOILERS

Bon... Par quoi commencer ?

Par le fait que je n’ai pas trouvé ça si éprouvant, peut-être parce que j’entends depuis un an que c’est ce qui s’est filmé de plus insoutenable et qu’il était dur d’égaler une telle réputation, plus sûrement parce que si j’ai du mal à supporter les supplices physiques (raison pour laquelle j’ai difficilement tenu face à Eden Lake ou Kinatay de Mendoza), ici, ils sont certes très présents mais ne sont qu’un moyen de parler d’autre chose, finalement. D’amour blessé, de complicité dans la souffrance, d’envie de tout partager avec la personne que l’on aime y compris les pires choses – surtout de douleur, celle qui peut complètement détruire ou dont on peut se relever plus fort, celle qui peut aussi rassembler les gens dans son expérience commune, où l’on peut avoir envie de descendre pour y puiser une vérité, une connaissance.

Le sujet est ambitieux, et il est magnifiquement traité pendant près d’une première heure éblouissante et bouleversante, portée par une rage, une efficacité et un amour passionnel du film de genre qui entraîne le spectateur dans un tourbillon d’émotion fortes assez rarement ressenti récemment, pour ma part.

Puis arrive cette histoire de secte qui torture pour faire entrevoir l’au-delà. Et là, à mon sens le film se prend les pieds dans le tapis. Parce que ce qu’il suggérait très intelligemment jusque là, cette idée que la souffrance pouvait aussi être un vecteur d’union, une recherche personnelle pour "voir" ou "partager" quelque chose, cela donc, il se met à le clamer plus grossièrement - je n’ose pas dire vulgairement . Ce qui avant n’était qu’empathie désespérée se transforme en observation clinique beaucoup moins intéressante, pour ma part – on sent qu’en filigrane l’histoire d’amour est toujours présente et que c’est toujours elle qui motive Laugier en premier lieu, mais il aurait à mon sens fallu l’intégrer bien plus encore à cette partie. Peut-être aussi que je trouve Morjana Alaoui moins bonne comédienne que Mylène Jampanoi, et qu’à partir du moment où celle-ci disparaît, ça perd en intensité. Je sais en tout cas qu’à ce moment précis j’ai eu le sentiment de voir le film tomber dans quelque chose de plus douteux et mécanique que dans sa première moitié, où l’émotion excusait tout, faisait tout passer.

Voilà je ne sais pas si tout ça est très clair – je pense au final que c’est un film que j’ai plus envie d’aimer que je ne l’aime réellement, j’adorerais qu’il ouvre une brêche, qu’il donne envie à d’autres réalisateurs de plonger en eux-mêmes, dans leurs obsessions, sans réfléchir ou se brider. Moi il me donne cette envie en tout cas – et c’est déjà pas mal.

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